Adversatif

adj.

Le lexique

Il existe plus de 150 figures de style différentes que les auteurs peuvent utiliser dans leurs oeuvres. Mais il n'est pas nécessaire de les connaître toutes ! L'essentiel, c'est de comprendre que, quand vous analysez un texte, vous devez prêter attention à la manière dont le texte est écrit (la syntaxe, le rythme, le son) : c'est en faisant des références précises au style d'un texte que votre commentaire de texte gagnera en précision, mais aussi que vous comprendrez mieux son sens, et le message que veut faire passer l'auteur. Vous retrouverez ici les définitions de quelques unes des figures de style les plus fréquentes et les plus importantes...

Certains mots, et surtout certaines conjonctions de coordination, peuvent être appelés « adversatifs » (du latin « adverto » : diriger contre). Ils servent à exprimer et à mettre en relief une opposition entre deux éléments.

« Tu es quelqu'un de gentil mais tu es parfois pénible. »

« J'ai froid aux pieds : pourtant, j'ai des chaussons ! »

« Je suis absent. En revanche, mon frère sera là. »

L'Aposiopèse

n.f.

Figure de style consistant en l'utilisation de points de suspension ; elle sert souvent à marquer du suspens, de l'attente.

LA GRANGE - « J'ai un certain valet nommé Mascarille.

DU CROISY - Eh bien, qu'en prétendez-vous faire ?

LA GRANGE - Ce que j'en prétends faire ? Il faut... Mais sortons d'ici auparavant. »

(Molière, Les Précieuses ridicules, 1659)

L'Allitération

n.f.

Figure de style consistant en la répétition d'un même son consonantique (consonne).

Regardez l'exemple ci-dessous chez Racine avec le son [f].

PHEDRE - « Je l'aime non point tel que l'on vu les Enfers,

Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche. »

(Jean Racine, Phèdre, 1677)

L'Assonance

n.f.

Figure de style consistant en la répétition d'un même son vocalique (voyelle).

Regardez l'exemple ci-dessous chez Racine avec le son [i].

PHEDRE - « Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire. »

(Jean Racine, Phèdre, 1677)

Un Calligramme

n. m.

Un calligramme est un poème dont la forme des vers évoque un dessin, une représentation visuelle.

On attribue l'invention du calligramme au poète français Guillaume Apollinaire (1880-1918). Si ce n'est pas tout à fait exact, en tous cas, c'est à lui que l'on doit le mot, formé de l'assemblage de « calligraphie » et « idéogramme »...

Mélioratif

adj.

Un Hexasyllabe

n. m.

Un hexasyllabe (du latin « hexa » qui veut dire six) est un vers de six syllabes.

« Semez, semez la graine,
Je connais la chanson
Que chante la sirène
Au pied de la maison. »

(Robert Desnos, « Siramour », Fortunes, 1942)

Qui donne un sens favorable. Un « vocabulaire mélioratif » est un vocabulaire qui apporte un sens positif, qui permet, par exemple, de faire un éloge (on parle aussi de vocabulaire laudatif, permettant de « louer » quelqu'un ou quelque chose).

[à propos du roi Louis XIV] « Jusqu'au moindre geste, son marcher, son port, toute sa contenance, tout mesuré, tout décent, noble, grand, majestueux et toutefois très naturel. »

(Saint-Simon, Mémoires, 1749)

Une Diérèse

n. f.

Une diérèse est, en poésie et au théâtre (quand il est écrit en vers), la prononciation particulière d'une syllabe. On décompose deux voyelles consécutives en deux syllabes différentes.

Attention aux diérèses quand vous lirez un texte en vers ! Si vous vous rendez compte qu'un alexandrin que vous lisez n'a que 11 syllabes, c'est que (souvent) vous avez raté une diérèse...

Le mot diérèse peut être un exemple de diérèse ! Regardez les deux alexandrins (12 syllabes) suivants : 

« C'est une diérèse enfin que tu prononces,

Mais pour sauver ton vers aux diérèses renonce ! »

Si on les découpe en 12 syllabes, voilà ce que ça donne :

« Cé-tu-neu-di-é-rez-en-fin-queu-tu-pro-nonss,

Mé-pour-so-vé-ton-ver-o-dié-rai-zeu-reu-nonss ! »

L'Hyperbole

n.f.

Figure de style de l'amplification, de l'exagération, consistant à souligner ou mettre une idée en relief.

« La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. »

(Francis Ponge, Le Parti-pris des choses, « Le Pain », 1942)

Péjoratif

adj.

Qui donne un sens défavorable. Un « vocabulaire péjoratif » est un vocabulaire qui apporte un sens négatif, qui permet, par exemple, de critiquer, de souligner les mauvais aspects de quelqu'un ou de quelque chose.

La Périphrase

n.f.

[à propos des palais du roi Louis XIV] « En même temps, qui n'en déplorera pas l'orgueil, le caprice, le mauvais goût ? »

(Saint Simon, Mémoires, 1749)

Figure de style consistant en l'utilisation d'un groupe de mots (une locution) pour désigner un nom, un lieu, un objet...

Le Roi-Soleil (= Louis XIV) visite la Ville lumière (= Paris), entouré des forces de l'ordre (= la police).

La Polysémie

n.f.

La polysémie désigne le fait qu'un mot peut avoir des sens différents suivant le contexte dans lequel il est employé.

Cela me fait de la peine (= pitié) qu'il ait de la peine (= difficulté) à purger sa peine (= sanction). 

Le Polyptote

n.m.

Figure de style consistant en la répétition d'un mot sous les différentes formes qu'il peut avoir (par exemple, « galant », « galanterie », « galamment » ou bien « gentil », « gentiment », « gentillesse », « gentilhomme »...).

Louis XIV était un roi galant, un homme dont la galanterie allait jusqu'au raffinement. Tout ce qu'il faisait était fait galamment et avec une élégance suprême.

La Polysyndète

n.f.

Un Présentatif

n.m.

Les présentatifs (ou tournures présentatives), ce sont de petits outils grammaticaux (comme « il y a... », « c'est... ») qui servent à présenter une information nouvelle dans une phrase.

C'est la monarchie absolue que critiquent les Lettres persanesIl y a d'ailleurs beaucoup d'éléments satiriques dans cette œuvre.

Une Tirade

n.f.

Longue suite de phrases prononcées par un même personnage au théâtre (sans qu'il soit interrompu par quelqu'un d'autre).

Il existe beaucoup d'exemples de tirades célèbres dans le théâtre français, dont la fameuse tirade de Phèdre (« Oui, Prince, je languis, je brûle pour Thésée ! ») dans Phèdre (1677) de Jean Racine ou encore la « tirade du nez », dite par Cyrano, dans Cyrano de Bergerac (1897) d'Edmond Rostand

Figure de style consistant en la répétition d'un mot de liaison (d'une conjonction de coordination : mais / ou / et / donc / or / ni / car). L'effet produit est une impression d'accumulation, de soulignement des idées de l'auteur.

« Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,

Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,

Passaient devant mes yeux, clairvoyants et sereins,

Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne. »

(Charles Baudelaire, « Les Bijoux »Les Fleurs du mal, 1857)

Un Groupe ternaire

n.m.

Un groupe ternaire (du latin « terni » : trois fois) consiste en la répétition de trois mêmes éléments, placés les uns à côté des autres.

Grâce au groupe ternaire (que les écrivains des XVIIe et XVIIIe siècles apprécient beaucoup), la phrase  prend un rythme particulier et met en valeur certains éléments.

« Par un prodige de l'orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées. »

(Montesquieu, « Lettre 24 », Lettres persanes, 1721) 

L'Antiphrase

n.f.

L'antiphrase est une figure de style qui consiste à dire le contraire de ce que l'on pense. C'est, par excellence, la figure qu'on emploie pour faire de l'ironie.

Pour parler d'une journée d'hiver froide et pluvieuse : « Ouah ! Quel beau soleil : ça me donne envie d'aller me baigner. »

Mais l'ironie est difficilement reconnaissable quand on lit un texte (car il faut souvent connaître le contexte pour déceler l'ironie). Aussi, en 1841, un journaliste belge (Marcellin Jobard) invente-t-il un nouveau signe de ponctuation : le point d'ironie (point d'interrogation à l'envers), qui matérialise une phrase ironique.

Exemple :   « Ouah ! Quel beau soleil : ça me donne envie d'aller me baigner  »

Un Homophone

n.m.

Les homophones sont des mots qui se prononcent de la même manière mais qui n'ont ni la même graphie ni le même sens. 

Il existe de très nombreux homophones en français dont il faut se méfier, notamment lorsque vous rédiger un commentaire ou un exercice.

Exemple : « Sur le mont Blanc, mon piolet et mes crampons m'ont sauvé la vie ! »

L'Antithèse

n.f.

L'antithèse est une figure d'opposition : elle permet de rapprocher, dans une même phrase, deux éléments contraires. Cela créé une impression de bizarrerie, de contradiction.

« [en parlant de jeunes enfants qui sont obligés de travailler] Innocents dans un bagne, anges dans un enfer. »

(Victor Hugo, « Melancholia », Les Contemplations, 1856) 

Le Chiasme

n.m.

Le chiasme est, dans un vers ou une phrase, le phénomène qui consiste à placer en ordre inverse deux groupes de mots identiques.

Il consiste donc en la production d'un schéma de type : AB-BA (il forme alors une « croix » : en grec ancien, « khiasmós » veut dire le croisement...).

« Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,

Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?

Que le jour recommence et que le jour finisse

Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,

Sans que, de tout le jour, je puisse voir Titus ? » 

(Jean Racine, Bérénice, 1670) 

Un Intensif

n.m.

Un intensif est un mot qui sert à modifier le degré d'un adjectif ou d'un adverbe. Il va servir à indiquer l'intensité de cet adjectif ou de cet adverbe.

Trois exemples d'intensifs en français, de différentes natures :

   ADVERBE : « Il est tellement / si génial ! »

   SUFFIXE : « Il est génialissime ! »