Les Registres littéraires

Le lexique

Ce qu'on nomme « registre littéraire » (ou encore « tonalité » d'un texte) peut se définir par les différentes émotions que cherche à procurer un texte (et donc l'auteur derrière ce texte) chez son lecteur. Si un personnage nous emplit de terreur (car il épouse sa mère, par exemple !), mais aussi de pitié (car le Destin semble s'acharner sur lui), alors on dira de ce texte qu'il utilise le registre pathétique. Si un texte est écrit de telle manière qu'il fait l'éloge ou, au contraire, la critique de quelqu'un, on dira qu'il emploie le registre épidictique...

Il existe de très nombreux registres littéraires, et un même texte peut utiliser différents registres, à différents endroits ! Comprendre les registres utilisés par un auteur, c'est ainsi savoir mettre un nom sur ce que l'on comprend du texte et sur les sentiments que l'on ressent à la lecture de ce dernier : le dégoût, l'effroi, la surprise... !

Le Registre Ironique

Le Registre Épidictique

Le terme « épidictique » (du grec ancien epideiktikos, « qui sert à montrer ») désigne à l'origine un genre de discours dans l'Antiquité grecque et latine. C'est un discours que l'on tient notamment lors des enterrements ou des mariages et qui sert littéralement à faire des éloges ou des critiques à certaines personnes.

Le registre épidictique a repris ces caractéristiques : c'est le registre du blâme, du reproche, de l'accusation ou, au contraire, de la louange et de la célébration.

Le registre ironique, comme son nom l'indique, est le registre qui utilise l'ironie - visant donc à faire entendre le contraire de ce que l'on dit.

Ce registre consiste donc souvent à faire semblant d'être d'accord avec quelqu'un, tout en sous-entendant le contraire, dans le but de faire rire le lecteur et de créer une certaine complicité entre l'auteur et le lecteur...

L'ironie est un phénomène comique qui permet de dire le contraire de ce que l'on pense ; sa figure de style principale est l'antiphrase (ex. : « Quelle chaleur, aujourd'hui ! » en parlant d'une journée d'hiver glaciale).

Le Registre Satirique

Nous avons pu voir le registre satirique dans de nombreux textes que nous avons étudiés en français — notamment dans les Précieuses ridicules de Molière (la satire des bourgeoises qui essaient d'être élégantes) mais aussi dans les Lettres persanes de Montesquieu (la satire du Roi de France qui, sous les aspects de la toute-puissance, ne règne que sur un peuple de statues...).

Le registre satirique vient donc de la « satire », qui consiste à se moquer des défauts (de quelqu'un ou de quelque chose) pour faire réfléchir, pour délivrer un message critique (critique de la bourgeoisie vulgaire ou de la monarchie absolue chez Molière et Montesquieu).
La satire, qui utilise souvent l'humour, le sous-entendu voire le sarcasme (ironie méchante) peut parfois se rapprocher de la caricature !

Le Registre Didactique

Le terme didactique vient du grec « didasko » (qui signifie instruire, enseigner). Le registre didactique est donc celui des textes qui visent à enseigner quelque chose, à instruire son lecteur, à lui délivrer une leçon, une morale...

Un apologue (conte, fable, parabole) emploiera donc le registre didactique, notamment au moment de la « moralité » dans les fables !